Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 00:50

Bouddhisme et homosexualité

Pour les laïcs [modifier]

On ne trouve pas de texte bouddhiste condamnant l'homosexualité. Le bouddhisme conseille une conduite sexuelle éthique. Le troisième des cinq préceptes (pañca-sila) concerne l'abstention de toute mauvaise conduite sexuelle et plus généralement de garder la maîtrise des sens (en pali, langue des textes Theravada: « Kamesu micchacara veramani sikkhapadam samadiyami », qui peut également s'appliquer aux plaisirs des sens). Les cinq préceptes sont des règles de base pour la vie des hommes et femmes laïcs ayant pris refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha (voir: bouddhisme). L'homosexualité n'est donc pas (clairement) blâmée, la « conduite sexuelle éthique » est une expression générale, pour le bouddhisme l'essentiel est de ne pas s'engager dans des actions ayant pour conséquence la souffrance d'autrui ou de soi-même.

Dans les huit préceptes (attha-sila), le troisième est étendu à une interdiction complète de toute activité sexuelle.

Les sources de la morale bouddhique [modifier]

Les sources de la morale bouddhique sont à chercher dans le corpus du brahmanisme. Or si Bernard Sergent, un élève de Dumézil (L'homosexualité dans la mythologie grecque paru chez Payot) a prétendu que l'homosexualité y était tabou, rien n'a été trouvé de probant à cet égard. En compulsant une version française du Dharma Shastra, on a pu trouver deux attestations contradictoires. Dans un cas, celui qui faute perd sa caste. Dans l'autre un petit bain rituel suffit à la racheter. Ce qui n'est pas sans rappeler certains passages du Lévitique chez les hébreux.

Côté bouddhique une dérivation reste à établir avec le brahmanisme et il faut savoir qu'il existe plusieurs versions des « dix actes négatifs » dont parle la religion du Bouddha. Dans la plus succincte on ne doit pas voler le partenaire d'un autre, ne pas avoir de relations sexuelles à proximité de lieux ou d'édifices religieux tandis que dans les versions extensives on retrouve quelque chose de très semblable à la défense chrétienne de s'unir en ayant recours aux « vases » qui ne conviennent pas (sodomie au sens moderne).

Il semble que ces versions extensives soient contemporaines de certains dérapages monastiques plus ou moins contemporains de la réforme de Tsong Khapa, le créateur des Bonnets jaunes.

Il faut ajouter à cela que la pédérastie qui fut en usage dans certaines sectes monastique japonaises et qui aurait été constatée par François Xavier constitue manifestement un dérapage incompatible avec la morale monastique bouddhique originelle.

Interprétation dans le Bouddhisme Theravada [modifier]

D'après A. L. De Silva, dans le Theravada, l'homosexualité doit être jugé de la même manière que l'hétérosexualité. Le cas de l'homme et de la femme laïcs où il y a consentement mutuel, où l'adultère n'est pas impliqué et où l'acte sexuel est une expression de l'amour, du respect, de la fidélité et de la chaleur humaine, ne contredit pas le troisième précepte. Il en va de même quand les deux personnes sont du même genre.

De même la promiscuité, la débauche et la négligence pour les sentiments d'autrui rendraient un acte sexuel incorrect qu'il soit hétérosexuel ou homosexuel. Tous les principes par lesquels nous avons l'habitude d'évaluer un rapport hétérosexuel permettent également d'évaluer un acte homosexuel. Dans le bouddhisme Theravada, ce n'est pas l'objet du désir sexuel qui détermine si un acte sexuel est incorrect ou pas, mais plutôt la qualité des émotions et des intentions impliquées.

Conclusion [modifier]

Par le troisième précepte le bouddhiste a un discours moralisant modéré sur la sexualité en général, mais il laisse une large part à l'interprétation concernant l'homosexualité. En tout état de cause, celle-ci n'est condamnée par aucun texte, à l'exception des règles monastiques. Selon les textes, il semble que l'homosexualité puisse être jugée de la même manière que l'hétérosexualité.

Cependant, il se montre réaliste dès lors qu'il s'agit de la vie des laïcs. On a du reste des preuves manifestes, dans le canon qui règle la vie des bikkus (moines), que du côté des laïcs l'homosexualité était non seulement visible mais admise et nullement diabolisée.

Dans les faits, les populations et les législations nationales sont généralement réprobatrices mais tolérantes, à l'exception des pays colonisés ayant conservé les législations héritées de l'empire britannique.

Publié dans : homosexualité à travers les religions
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